Les musées à l’ère de l’IA | Dans quelle mesure faites-vous preuve de transparence concernant l’utilisation de l’IA ?
1. Les musées à l’ère de l’IA
Il y a quelques années encore, rares étaient ceux qui avaient entendu parler des large language models (LLM), et les « prompts » servaient principalement à stimuler notre propre créativité plutôt qu’à demander à une machine de générer des idées, d’analyser des informations ou de nous aider dans nos tâches quotidiennes. Le développement rapide de l’intelligence artificielle a non seulement transformé la technologie elle-même, mais a également soulevé d’importantes questions sur la manière dont nous devrions interagir avec ces technologies et les réguler.
Pour les musées, cela revêt une importance particulière. En tant qu’institutions publiques de confiance, les musées doivent trouver un équilibre entre innovation, éthique, transparence et confiance du public. Si l’IA offre des opportunités passionnantes, elle soulève également des questions importantes. Dans cette lettre d’information spéciale, nous présentons un aperçu des évolutions au niveau européen, en mettant particulièrement l’accent sur la loi européenne sur l’IA et ses exigences en matière de transparence et d’étiquetage.
Bon nombre de ces questions seront également au cœur de la Conférence européenne des musées NEMO de cette année : « Human after all – Les musées à l’ère de l’IA ». Comme le suggère le titre, chez NEMO, nous sommes convaincus que la force des musées à l’ère de l’IA réside dans leur dimension humaine et leur capacité à créer des liens avec le public afin de l’aider à comprendre cette nouvelle technologie et à s’y identifier. Rejoignez-nous à Vilnius, en Lituanie, du 11 au 13 octobre 2026, pour explorer ensemble comment les musées peuvent s’adapter à l’IA et à ses implications pour une société en pleine mutation.
2. Dans quelle mesure faites-vous preuve de transparence concernant l’utilisation de l’IA ?
Les exigences de transparence prévues par la loi européenne sur l’IA sont entrées en vigueur le 2 août 2026. Afin de faciliter leur mise en œuvre, la Commission européenne a publié un Code de bonnes Pratiques à caractère volontaire ainsi que des lignes directrices (traduction ci-dessous) expliquant comment les organisations peuvent se conformer à ces nouvelles règles.
Pour la plupart des musées, les systèmes d’IA couramment utilisés aujourd’hui, tels que la génération de contenu, la traduction, la gestion des collections, les études d’audience et les chatbots destinés aux visiteurs, ne sont pas considérés comme «à haut risque» au sens de la loi sur l’IA. Toutefois, les musées et autres organisations doivent tenir compte de deux exigences clés :
- Promotion de la culture de l’IA : les organisations doivent prendre les mesures appropriées pour aider les membres du personnel qui utilisent l’IA à comprendre le fonctionnement de cette technologie, en tenant compte de leur rôle, de leur expérience et des outils d’IA spécifiques utilisés. (Article 4, paragraphe 1, de la loi sur l’IA)
- Transparence : les visiteurs et autres utilisateurs doivent être informés lorsqu’ils interagissent avec l’IA ou consultent certains types de contenus générés par l’IA. (Article 50 de la loi sur l’IA).
CoP_Transparency_of_AI_generated_content_jtHnEivPctLZtkoRFQrkbStffUY_129555 – Version FR
3. Que signifie concrètement la transparence ?
Images, vidéos et fichiers audio générés par l’IA
Les musées doivent clairement signaler les contenus réalistes générés ou modifiés par l’IA qui pourraient être confondus avec des personnes, des lieux, des objets ou des événements réels. Cela peut notamment concerner les reconstitutions générées par l’IA de personnages historiques ou de sites patrimoniaux disparus. La Commission européenne a mis en place des icônes facultatives que les organisations peuvent utiliser à cette fin.
Chatbots et assistants virtuels
Les visiteurs doivent être informés lorsqu’ils interagissent avec un chatbot, un guide virtuel ou un assistant vocal alimenté par l’IA, sauf si cela est déjà évident.
Textes générés par l’IA
Les règles applicables aux textes sont plus restreintes. En général, l’étiquetage n’est pas requis si le texte généré par l’IA a été révisé par un éditeur humain qui assume la responsabilité du contenu final. Cela signifie qu’il est possible de continuer à recourir à la rédaction assistée par l’IA pour les textes sans mention supplémentaire, à condition qu’un contrôle éditorial approprié soit en place.
Remarque sur les utilisations à haut risque
Parmi les utilisations de l’IA à haut risque que les musées et autres organisations pourraient envisager, on peut citer les systèmes d’IA utilisés dans le recrutement, ainsi que les systèmes qui analysent les émotions des personnes à partir d’expressions faciales ou d’enregistrements vocaux, lesquels sont soit interdits, soit soumis à des exigences réglementaires strictes.
4. Que doivent faire les musées ?
Pour la plupart des musées et des organisations, la mise en conformité sera simple : renforcer les connaissances de base de l’équipe en matière d’IA, maintenir un contrôle humain sur les contenus générés par l’IA, signaler les images, fichiers audio et vidéos réalistes générés par l’IA lorsque cela est nécessaire, et faire preuve de transparence lorsque les visiteurs interagissent avec des systèmes d’IA.
5. Bonnes pratiques en Autriche : un plan d’action pour la transparence en matière d’IA dans les musées (déjà publié le 18/08/2026)
Afin d’aider les musées à s’adapter aux exigences de transparence prévues par la loi européenne sur l’IA, l’Association autrichienne des Musées a élaboré un guide sur la transparence en matière d’IA destiné aux musées (en allemand). Rédigé en collaboration avec l’avocate Jeannette Gorzala et avec la contribution de 14 musées, ce guide propose des conseils pratiques sur l’étiquetage des contenus générés ou modifiés par l’IA. Cliquez ci-après pour la version française :
Les musées et des collections à l’ère de l’intelligence artificielle – Museumsbund Österreich -FR
260706a AI Transparency Blueprint Museumsbund -FR
Dossier rédigé par l’équipe de NEMO et traduit par MSW