Tuto numérique #7 – La cybersécurité, un enjeu trop souvent négligé
En mai 2026, Proximus NXT a rendu les résultats de son enquête sur le vécu et les stratégies des organisations belges en matière de cybersécurité en 2026. Le rapport met en lumière des réalités que nous omettons trop souvent alors que de simples gestes suffisent.
Parmi les chiffres, retenons que :
- Une organisation sur cinq a été confrontée à un incident de cybersécurité au cours de l’année écoulée
- Une organisation sur trois fait face à un manque d’expertise interne en matière de cybersécurité
- 40% des organisations (au minimum, car toutes ne l’ont pas déclaré par honte) ont subi un arrêt total
- 73% des attaques sont liées à l’ingénierie sociale (phishing, faux message, etc.)
Aucune technologie ne peut protéger à 100%, les hackers ont toujours un peu d’avance. Le maillon faible dans la chaîne ? L’humain…
En tant que fédération des musées wallons, le rôle de Musées et Société en Wallonie est notamment de professionnaliser ses membres et de les armer pour pouvoir réagir à ce type de menaces. Cet article va donc se pencher sur plusieurs actions préventives qui vous permettront d’améliorer votre cybersécurité et d’accroître votre résilience numérique. Quelques unes d’entres elles sont d’ailleurs appliquées au sein de l’asbl, explications :
Les menaces les plus fréquentes : l’ingénierie sociale
Dans les attaques d’ingénierie sociale, l’auteur d’attaque se présente souvent comme une personne ou une source fiable afin de gagner la confiance de la victime. L’auteur utilise notamment des techniques d’usurpation d’identité, de persuasion ou de tromperie pour extraire des informations précieuses telles que :
- des mots de passe
- des détails financiers
- des accès à des systèmes et réseaux
L’hameçonnage (courriels trompeurs, messages ou liens vers des sites web qui semblent légitimes,), l’appâtage (offre tentante, par exemple de téléchargement gratuit de logiciels, en échange d’informations à caractère personnel ou d’un accès à un système), l’hameçonnage via les réseaux sociaux, et enfin les ransomwares (paiement d’une rançon pour éviter la divulgation d’information ou pour pouvoir reprendre ses activités) sont les méthodes les plus employées.
Depuis la généralisation de l’IA, de nouvelles arnaques apparaissent en matière de fausse identité (appel vidéo, appel téléphone, etc.) avec un réalisme désormais très impressionnant. Dès qu’il est sujet de donner quelques choses (argent, accès, infos personnelles), il faut être vigilant.
Quelques précautions à prendre :
- Email : toujours regarder l’adresse email de l’envoyeur. Attention, parfois le nom d’affichage n’est pas le même que l’adresse email qui y est liée. Idem pour les liens qui cachent souvent une autre url. Attention également aux objets en attachement : ne jamais cliquer sur un html, attention aux pdf, word ou excel. Enfin, outre les arnaques aux dons, à la loterie remportées et autres gains d’argent, des faux emails de changement de mot de passe sont de plus en plus fréquents. Ne jamais hésiter si l’on reçoit un email d’une personne contact à le recontacter autrement pour prendre plus d’information et le prévenir que son adresse est hackée.
- Smishing, par sms : il est bien plus compliqué pour une entreprise téléphonique de bloquer ces sms. Ils semblent plus réels qu’un email, la méthode est la même que par email : recontacter la personne par un autre moyen.
- Pop-ups malveillants : sur un navigateur web, une page peut apparaître en plein écran demandant de cliquer sur un lien sans qu’il soit possible de la quitter. En fait, toute la pop-up est une image où seul le lien vers le site malveillant est cliquable. Pour quitter cela, il faut appuyer sur F11.
Autre gros problème : la protection des comptes, adresses email et divers accès
Ensuite, il faut évidemment vérifier la sécurité qui restreint l’accès aux comptes, emails, sites web, … de votre établissement. Deux actions sont à mettre en place :
- Assigner un mot de passe fort de 12 caractères combinant lettres, chiffres et symboles vous offrira une sécurité élevée contre les attaques. Evitez d’utiliser des éléments issus de noms ou prénoms, voire de projets ou d’abréviations liées à votre institution. Utilisez plutôt un générateur de mot de passe aléatoire. Il sera d’ailleurs inutile d’essayer de le retenir puisque vous allez l’enregistrer dans un gestionnaire de mots de passe (voir plus bas) ;
- Pour bétonner votre accès, imposer une identification à double facteurs (dès que cela est possible) est la clé pour une tranquillité à long terme. Donner son autorisation pour tel ou tel accès peut ensuite se faire par smartphone (via une application dédiée), ce qui ne prend que quelques secondes.
Vous rencontrerez certainement des freins au sein de votre établissement concernant ces changements, notamment parce que vos partenaires pourraient y voir des connections fastidieuses. C’est là qu’intervient le gestionnaire de mots de passe qui enregistrera pour vous tous vos mots de passe, ce qui simplifiera du coup la procédure.
Le gestionnaire de mots de passe : “Sésame, ouvre-toi!”
La création de mots de passe devenant de plus en plus draconienne, il est de plus en plus difficile de se souvenir de ses identifiants. Avec les gestionnaires de mots de passe, il suffit de retenir un seul et unique mot de passe pour avoir accès à tous ses services. Il existe évidemment une quantité phénoménale de marques qui proposent ce type de produit (les anti-virus, les VPN, etc.). Sachez que vous en utilisez peut-être déjà un si votre navigateur (Chrome, Firefox, …) est connecté à un compte (compte Gmail sur Chrome par exemple).
Dans un premier temps, pensez à blinder l’accès à votre gestionnaire de mot de passe avec une identification à double facteurs. Ensuite, n’oubliez pas d’enregistrer chaque nouveau mot de passe fort dans celui-ci. Une fois l’habitude prise, rien de plus simple et rapide.
Le serveur de stockage en réseau, cœur numérique de votre institution
Plus d’un musée dispose d’un serveur de stockage en réseau (ou NAS) pour conserver ses données numériques et les rendre accessible à ses collaborateurs à distance. Ceux-ci regorgent de données sensibles (administratives ou liées à l’activité de l’institution) qu’il faut absolument sécuriser. Pour y parvenir, quelques démarches sont nécessaires :
- Dans un premier temps, pourquoi ne pas vérifier la situation physique de votre NAS : est-il branché à une prise anti-foudre, a-t-il assez d’espace pour sa ventilation, est-il dans un espace sécurisé par une clé, etc.
- Une fois cette étape réalisée, complexifiez l’accès de l’administrateur de votre NAS par un mot de passe fort et une identification à double facteurs
- Diminuez les autorisations des comptes utilisateurs (notamment la possibilité de configurer le NAS) et complexifiez également leur accès par un mot de passe fort et une identification à double facteurs
- Mettez à jour le système d’exploitation propre au NAS
- Installez un antivirus conseillé par la marque de votre NAS
- Supprimez les logiciels (app ou paquets) inutiles et mettez à jour ceux que vous conservez dans votre NAS
- Réalisez un audit de votre NAS (état des disques dur, antivirus)
- Faire un backup (snapshot & données) sur un support externe, tel qu’un disque dur externe, que vous stockerez dans un autre espace
- Mettre en place une procédure de suivi (mises à jour, audit et backup) sur le moyen et long terme
Sensibilisation au numérique responsable : la nécessité de rester à jour
Que votre musée dispose d’une personne ayant la gestion de ces matières ou non, la sensibilisation au numérique responsable est une étape cruciale pour garantir une sécurité suffisante des données.
Il convient de se renseigner régulièrement sur les nouvelles pratiques mais également les technologies et innovations pour se protéger. La mise en place d’une politique de sensibilisation auprès de vos collègues est aussi cruciale, notamment pour leur apprendre à décoder les tentatives de hameçonnage (fishing) par email, téléphone et sms qui surviennent de plus en plus.
Par ses accompagnements individuels ou de groupe, Musées et Société en Wallonie peut vous aider dans toutes ces démarches si vous vous sentez démuni. N’hésitez pas contacter romain.jacquet@msw.be.
Source :
- Enquête de Proximus NXT
- Formation Cybersécurité en ligne de ClearMedia du 4 juin 2026
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