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En 10 ans, les musées fédéraux sont devenus exsangues

Les musées fédéraux vont mal. Victimes de coupes budgétaires de 13 à 30 % en dix ans, ils sont véritablement exsangues. Ils ne peuvent plus remplir leurs missions, même le remplacement de matériel est devenu difficile.

De début 2014 à fin 2017, les Musées royaux d’art et d’histoire (MRAH) ont perdu 15,24 % de leurs membres du personnel (13 % en équivalents temps plein). Les budgets de personnel, de fonctionnement et d’investissement ont été rabotés respectivement de 14, 20 et 30 %, ce qui signifie qu’aujourd’hui « la dotation parvient juste à couvrir les frais fixes ». Mais les salaires restent indexés, cela doit être compensé par le budget global. « C’est très difficile de survivre , nous dit-on au MRAH, cela provoque aussi pas mal de tensions internes » entre services.

Le Muséum des sciences naturelles (IRSNB) ne vit pas mieux. Entre 2014 et 2019, l’Institut royal des sciences naturelles a perdu 13 % de ses budgets, ce qui l’a contraint à ponctionner sur ses frais de fonctionnement environ 100.000 euros annuels afin de colmater le trou de l’enveloppe du personnel. L’Institut parvient à peine à préserver les fonctions critiques : « Chaque année, nous devons épargner entre 200 et 250.000 euros sur l’enveloppe du personnel , nous dit l’Institut. Si nous avons un peu plus de départ que prévu, alors nous aurons la chance de pouvoir programmer le remplacement d’une personne occupant une fonction critique ». Problème : il y a déjà eu tant de dégraissement qu’il ne reste guère aujourd’hui… que des fonctions critiques. Dans ces conditions, le simple renouvellement d’infrastructure devient impossible : l’Institut ne peut que se fixer des priorités et renoncer au maintien de certaines ambitions. Des exemples ? Un séquenceur ADN n’a pas été remplacé faute de budget (225.000 euros). Dans la salle consacrée à l’évolution, la salle de projection n’est pas remplacée (53.000 euros).

Les Musées royaux des Beaux-Arts (MRBAB) ont perdu 19 % de leur personnel de 2007 à 2017, et leur dotation est passée de 4,5 millions en 2011 à 3,4 millions en 2018. Une perte de 25 % en six ans ! « Grosso modo, on a perdu 20 % de notre personnel, 25 % de notre dotation , résume son directeur Michel Draguet. Je veux rester enthousiaste, mais ce que je trouve idiot, c’est que les coupes budgétaires se sont opérées de manières linéaires : on a appliqué à de petites structures les mêmes coupes qu’à de grosses administrations. Et on n’a pas tenu compte des charges spécifiques d’entreprises publiques qui avaient un rapport au public et qui, à partir d’un certain seuil, ne pouvaient plus assumer le service au public. Un exemple : on fonctionne encore avec trois électriciens et deux chauffagistes pour 40.000 mètres carrés climatisés ! »

Quant au Musée royal de l’Afrique centrale (AfricaMuseum) fraîchement rouvert, il a perdu un quart de son budget et presque un quart de son personnel.

Outre ces coupes drastiques, notons aussi l’application très limitative que fait le gouvernement des normes comptables européennes « SEC2010 » qui touche les institutions muséales fédérales.

De plus, la Loterie nationale n’est plus la bouée budgétaire qu’elle était. Le privé n’est pas à même de pallier les déficiences de l’État parce que l’Etat n’a mis en place ni une législation, ni d’éventuels incitants fiscaux en faveur du mécénat et rien n’a été fait dans le registre du tax shelter.

Enfin, soulignons la non-gestion des Etablissements scientifiques fédéraux en général : pas de réforme de la politique scientifique et des établissements qui vivotent avec des directeurs ad intérim.

Pour consulter l’article dans son intégralité, veuillez suivre le lien du Soir ci-contre.

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